Le travail illicite.


Le problème du tatouage clandestin en France qui se pose comme un sérieux problème de santé publique est en train de devenir en plus un enjeu économique.
L'impact sur les professionnels enregistrés se ressent de façon alarmante au point que l'on entend  déjà chez certain le désir de remettre en question leur régularisation, voir de retourner à une semi clandestinité via les studios privés bien moins sujets aux vérifications.

L'accès au matériel facilité par le net ou les distributeurs en convention* permet le développement à tout va d'une cohorte de tatoueurs amateurs ravis de faire le plein de fournitures sans être inquiétés. Ces mêmes opportunistes n'hésitent pas à envoyer les candidats indécis se renseigner sur les tarifs affichés par les boutiques comme preuves des économies possibles et par cette transaction malsaine achètent la complicité du demandeur et oriente son avis pour affirmer de concert que le professionnel est un voleur.
Ces candidats aux risques sont d'autant plus complices que le manque total de règles leur semble un bon moyen d'assouvir leurs demandes les plus farfelues ou les plus asociales. Souvent ils se persuadent que leur tatouage est de bonne facture. Dans le dénis complet d'une réalisation douteuse il ne pensent qu'en termes de prix et n’accèdent jamais au cover salvateur. Les questions de la stérilité des instruments, des étapes réglementaires du travail ou de la traçabilité ne font pas partie de leur interrogations, encore moins le coût des charges supporté par les établissements, le prix réel du matériel de qualité ou bien les contrats passés avec les entreprise de collecte des déchets à risques.

On assiste aussi avec effarement aux soirées tatouages entre amis qui mettent en commun une cagnotte pour les boissons et le tatoueur à domicile sommé de faire un maximum de tatouage  comme si l'action groupé pouvait les prémunir comme les risques d'infections.
C'est aussi la bande de copines qui se tatouent mutuellement exaspérées par les refus justifiés des tatoueurs qui "…croient savoir mieux que nous ce que l'on veut…" et qui pose encore le problème du matériel livré prêt à l'emploi ou sous couvert d'un tutoriel bien sordide.
Ces dérives nous posent vertement la question :
                                                                          Pourquoi et Comment en est on arrivé là?
La recrudescence de ces pratiques à risques est dû entre autres à la banalisation de l'acte bien souvent mis sur le même plan "anodin" du piercing,  bien entendu sans sa possibilité de retrait. Si l'on en juge le nombre croissant de jeunes personnes qui portent des bribes d'encres sur des endroits exposés comme la nuque ou derrière les oreilles , les doigts, les poignets ou bien le cou, il est clair que les réponses positives à ces tatouages minimalistes ont pris le pas sur toutes les informations préalables relevant de l'irréversibilité , du vieillissement ou du cout de mise en œuvre d'une prestation sécurisé.
Ce sont souvent ces tatouages miniatures qui déclenche la convoitise et l'arrogance des tatoueurs amateurs qui se figurent au premier abord des motifs faciles à mettre en œuvre avec un seul type d'encre, une seule configuration d'aiguille et ne nécessitant pas de doctes connaissances ou de dextérité particulière : Les résultats sont particulièrement désastreux.
La première génération ambitieuse de professionnel ne considérait pas ce genre de bouzilles ou de gribouilles propices au développement du métier et restait discrète sur leur réalisation.
 Le volet historique nous permet aussi de comprendre la spécificité* française d'une professionnalisation extrêmement tardive vis-à-vis des autres nations.
Par ses racines criminelles depuis les galères, les bagnes, les bataillons disciplinaires et sa survivance dans les couches populaires, le tatouage français à toujours crée l'émergence de tatoueurs du quotidien que ce soit dans un cadre familial, carcéral, militaire ou au sein de communautés( Gens du voyage, Berbère d'Afrique du nord ou Océaniens). Et l'on a longtemps confié sa peau à un copain de chambrée, à un vieux marin ou à la personne désigné comme capable par un chef de clan ou de bande.
Aujourd'hui cet état d'esprit perdure, conforter par des récits générationnels dans l'idée que le tatouage  peut se passer d'un exécutant dont ce serait l'activité principale.
Légitimés par leur roman familial certains s'arrogent le droit dune pratique illégale comme les gens du voyage plus ou moins sédentarisés ou les polynésiens de métropole par exemple.
D'autres, sans emploi, se rajoutent un moyen de subsistance et nombreux sortis des classes moyennes, délaissent leurs études, s'encanaillent à peu de frais et abusent chaque jour de nouvelles victimes consentantes .
Si les tatoueurs d'arrière-salle ont perduré jusqu'au milieu des années soixante dix, actuellement c'est l'ambigüité entre le tatoueur ayant pignon sur rue et le studio privé en appartement qui semble compromettre l'avenir .
S'il est tout à fais légitime de se soustraire à la pression d'une boutique de rue en partant exercer en milieu rural ou en pleine campagne qu'en est il alors de ces ermites citadins qui paraissent vouloir plus se soustraire aux contrôles des autorités que de trouver la sérénité.
Dés lors qu'il est à la fois possible de posséder un pas de porte et de travailler sur rendez vous, est-il vraiment opportun de se réfugier en appartement et favoriser ainsi l'intrusion insidieuse des tatoueurs clandestins sur le créneau du studio privé?
S'il est vrai que le premier* studio privé de renom a été créer par Don Ed Hardy au Etats-Unis,
le pragmatisme americain n'a pas suivi cette initiative-laboratoire d'idées initié dans un contexte de revivalisme du tattoo U.S.. Pour ce qui concerne l'hexagone les décisions plus sages en matière de visibilités des protagoniste sont d'autant plus attendus qu'il en va de la survie de nombreux shops étouffés par la concurrence illégale sans aucune retenue déferlant sur les réseaux sociaux.
La reconnaissance du métier à part entière et son inscription au registre doit maintenant intervenir pour que prenne fin cet état délétère et surtout pour les autorités il est urgent de se donner les moyens d'intervenir dans les sphères privés d'une façon plus sereine que ne pourrait le faire des professionnels excédés.
Le nombre de tatouages réalisés quotidiennement s'il est en permanente augmentation est à relier au nombres d'actes pernicieux qui explosent avec le risque accru d'une pandémie difficilement contrôlable puisque non sourcé.
Avant que ne se réduise à néant le fragile édifice construit par les professionnels, il est temps de légiférer à nouveau dans le bon sens.

 

Notes annexes:

 En convention, le contrôle d'un registre des ventes par une  personne de l'organisation ou un test régulier de clients mystères peut être l'une des solutions. 

 

 Serious ink for serious people: Dans la longue histoire du tatouage américain l'on a vu des jeunes marines entreprendre des gros projets à partir de leurs 16 ans,  on a vu les prix pendant la grande dépression de 1929  descendre à quelque cents pour des motifs relativement petits, on a tous à l'esprit la façon pour les tatoueurs traditionnels de se servir des petites étoiles ou autres signes pour constituer une trame de fond mais jamais comme aujourd'hui en France, une telle dérive en direction des caprices minimalistes "adulescent" n'a eu lieu.

Il ne s'agit pas d'interdire l'accès pour une personne majeure administrativement  à toutes modifications corporelles mais plutôt de ne pas être dupe de la rapidité à laquelle la société moderne entends produire des consommateurs de tout, gardez la tête froide pour utiliser sciemment le droit de refuser ces demandes vides de sens.

 

Il faut comprendre par spécificité française l'avènement du tatouage électrique vers 1960 et dés le début du vingtième siècle pour les anglo-saxons.

 

le Réalistic Studio de Don Ed Hardy fut établit à San Francisco en 1974  en private"appointement-only"studio.

 

En laboratoire d'idée il faut comprendre la poursuite développé par Sailor Jerry du mixage culturel entre le Tatouage Japonais et le Traditionnel U.S.

 Aujourd'hui les dignes héritiers en sont entre autres Adrian Lee et son groupe ATAK:  ANALOG TATTOO ARTS KOLECTIV. Il suffit de voir les tattoos de son dernier opus THE PATH pour s'en convaincre.