Esthétisme de l'environnement.

Première partie.

Si les mots de salon, boutique, bouclard, atelier, magasin ou studio de tatouage sont notoirement utilisés il faut rendre à chacun de ces termes les images qu'ils suscitent.

  Le salon évoque une certaine parenté avec la coiffure, l’esthéticienne, loin du romantisme des cercles littéraires du dix-huitième siècle, si ce n'est qu’aujourd’hui certains salons sont de véritable cabinets de curiosités rivalisant dans le baroque et les représentations incongrues. Les uns aux décors de Maisons Closes se destinent aux  adeptes de divans capitonnés, de bougeoirs factices et de chapelles gothiques, les autres nostalgiques d’époques diverses se complaisent dans quantités de collections plus ou moins vintage. C'est souvent dans une recherche de légitimité historique ou pour copier les galeries que les décors sont choisis, comme si l'exposition de dessins ou de réalisations ne se suffisait pas à elle mème.

Le bouclard est un terme d'argot remis au gout du jour dans les années soixante dix aussi bien par les premiers tatoueurs que par les mécanos qui se lançait dans l'ouverture d'un atelier ou d'une concession moto . Apanage d'une certaine génération il est souvent remplacer par des appellations plus tendance comme le shop

  Boutiques et ateliers mots anciens s'il en est, désignent des officines qui s'intègrent parfaitement dans les quartiers visités d'une ville touristique.

Le magasin quand à lui évoque le street shop avec ses présentoirs de flashs et ses ventes d’accessoires divers.

Le studio, arrêtons nous plus particulièrement sur ce terme, revêt de multiple connotations dont l'une des plus intéressante et qui semble prendre en compte les progrès techniques est celle du studio de photographe.

  En effet, les débuts du tatouage électrique dans les pays anglo-saxons, dès la fin du Dix-neuvième siècle ont été promus par la photographie et les premiers tatoueurs, conscient des atouts de la modernité sur la clientèle, ont souvent mis en avant les technologies de l’époque en ajoutant, par exemple des billards électriques (Pin- ball) , des enseignes lumineuses et mobiles, des distributeurs divers et bien entendu les premières cabines photographiques. L’attirance pour ce modernisme nous montrent d'une part l'attachement à un métier, sa promotion et déjà une idée de l'avenir de leur profession.

Distraire la clientèle est une des donnés toujours présente à l'heure actuelle. Encore ne faut-il pas confondre distraction et endormissement. En effet les décors superflus sont plus de l'ordre de la poudre au yeux que d'un véritable désir d'exposition de chef d’œuvres. Pour un acte, qui commence et finit toujours par un tête à tête entre deux personnes, il est plus opportun de privilégier une ambiance sobre garante de la concentration nécessaire. Tout cela sans négliger la part de personnalisation de chaque studio pour ne pas tomber dans l'uniformisation totale et imposée qui interviendra bien assez tôt.

L'utilisation de surfaces à base de produits moderne, l'utilisation de machines toutes aussi moderne( nous signalons depuis des années l'utilisation nocives des vibrantes sans que cela alerte les amateurs, certes de plus en plus rare, de bobinages externe) facilite non seulement l'entretient en matière d’hygiène mais témoigne aussi d'un état d'esprit prompt à se reconnaitre dans une évolution logique.

Les précurseurs l'avait bien compris, il sont passés du tatouage itinérant, accompagnant souvent ce que nous appelons l'Américan Circus ou Side show(plus parlant que le mot cirque a l’européenne qui, lui, n'inclus pas forcément les baraques foraines), aux studios sédentaires dans une optique d'offre de service plus sereine, plus efficace pour une clientèle forcément de plus en plus exigeante.

  Fonte d'aluminium polie (1859), bakélite isolante (1909) et inox (1913)  sont devenus les nouveaux matériaux de ces officines qui posent ainsi les premières bases d'une hygiène nécessaire. Ont peut imaginer la saine concurrence entre les tatoueurs désireux de présenter à la clientèle et aux autorités un cadre des plus rutilant par sa modernité.

L'exemple de ces émulations de bon aloi est fournis dans les années 1990 en Angleterre ou chaque année un concours couronné par un premier prix en matière d'agencement et d’hygiène était remis à un studio innovant. Malgré ces avancés, c'est toujours dans les mentalités que résident ces besoins effarants de décorations avec vivarium de reptiles, d’araignée vivantes ou animaux naturalisés comme un clin d’œil vers les baraques foraines d'antan, mentalité que l'on a vu perduré jusqu'au début des années 2000.

Comme les décibels agressifs, les décors tapageurs sont souvent le moyen de flouer l'entourage et de faire diversion sur une prestation douloureuse à l’excès ou/et de médiocre qualité. Souvent aussi, la tenue vestimentaire veut légitimer une occupation ressentie comme une usurpation par nombre de nouveaux professionnels toujours dans la difficulté de faire la part entre métier et passion, ils se tournent trop peu vers l'un ou exagérément vers l'autre au final se clonent en hipster aux allures de barbier vintage ou s'habille d'une fausse coolitude dicté par les marques qui on flairé le marché; l'un des exemple flagrants ce sont les lobes d'oreilles écartelées, même quand il ne s'agit pas du pierceur en titre, qui deviennent pour beaucoup de débutants le signe grégaire de reconnaissance d'une confrérie imaginaire.

Quand au  pragmatisme américain, en vertu d'une expérimentation établie sur un plus d'un siècle, lui de son coté crée par exemple des tabliers de travail (en cuir au début et en matière lavable aujourd’hui) directement inspiré des protections des maréchal-ferrant de l'épopée de l'Ouest. Le poste de travail ou work station, lui mème reflète les agencements pratiques d'ateliers, avec ses servantes à outils, de plus en plus adopté en Europe. L'environnement de travail tend donc vers la sobriété des cabinets de médecine et en plus de la tranquillité d'esprit en matière d’hygiène, cela représente surtout une réelle attention accordé à l’accueil du client autour de son idée sans parasitage externe...

A suivre...