Le Pourquoi et l'Histoire.

 Le pourquoi.

 

Passer de la sensation de la douleur au  bonheur d’acquérir quelque chose de vraiment personnel n'a peut être d'équivalent que dans l'enfantement, parce que ce contact en tête à tête prolongé qui engendre une réalisation reste un acte unique, parce que dans un monde désenchanté il faut retrouver l'idée des belles choses, parce que si ont peut aider à la réalisation de son prochain c'est tout aussi un devoir de le guider, parce que avant de tatouer des attrapes rêves, faut-il encore que ces rêves écloses et naissent quelques part, parce que l'ont peut encore tout changer porté par une passion commune, parce qu'une collectivité qui réunis les meilleurs individualités en une seule et même âme est beaucoup plus forte pour agir, parce qu'il encore temps de reconnaitre ses erreurs et de revenir vers un monde simple, pacifié  et hors du matérialisme outrancier...

Parmi les raisons qui poussent les personnes à se faire tatouer, à part l'automutilation ou l'absence d’intégration sociale mise en avant par les sociologues ou l'académie de médecine encore aujourd'hui et que nous laisserons de coté pour l'instant, il en est qui sont des raisons simples et communes à de nombreuses personnes. Cela débute autour de la prime adolescence par de longues après-midi de classe que nous avons tous vécu. Emporté par l’ennui de ces cours, il est tout naturel de s'intéresser à ce que l'on possède de plus proche, nous revêt et protège tout à la fois.  Au début c'est une façon de tuer le temps, on commence a gratter la barrière cutané, on l'irrite avec la pointe du crayon qui laissera pour les plus hardis une petite croute les jours suivants, avec un peu de chance une marque rosâtre qui partira plus lentement encore. On impressionne déjà les camarades avec ce que l'on croit avoir gravés sur sa peau. Nous passerons aussi sur les allégations du plaisir par la douleur colporté par un freudisme douteux pour en venir au piquage par la plume ou la pointe du compas, avec ou sans encre ( c'est souvent par la suite la seconde étape) ponctué par le grattage à l'allumette épointée en cure dent. A cette période de la vie, c'est à travers la douleur volontaire que l'on recherche ses limites d'endurance, plus que le marquage définitif proprement dit qui viendra plus tard, et que l'on s'impose comme une bravade, un acte interdit, dans le cadre bien réglementé de l’école ou du lycée.

C'est aussi la vue d'un tatouage familial sur un oncle, un voisin ou bien un film, une image qui nous laisse des souvenirs enfouis par convenances mais qui demandent qu'à réapparaitre. Ainsi le passage au monde des adultes peut s'accompagner du souvenir de ces personnes aux caractéristiques étonnantes, impressionnante pour un enfant, en matière d'ornementations corporelles et servir de justification pour le premier tatouage. Bien d'autres raisons personnelles entre en jeu, ce qu'il faut retenir c'est que heureusement encore aujourd'hui , (mais pour combien de temps)  nombres de ces raisons se basent toujours sur des réminiscences de moments vécus qui vont participer, resurgir lors de l’élaboration de la personnalité de l’individu, et servir à construire les futurs tatouages.

 

L'histoire.

 

En quelque sorte et heureusement, une transmission inconsciente, souterraine est encore à l’œuvre dans notre environnement moderne amputé de ses rites de passage. Il est intéressant de voir que ce cheminement aboutit positivement à l’élaboration de motif de tatouage plus personnel, plus réfléchi et beaucoup moins généraliste que les désirs soudains, compulsifs qui apparaissent puis disparaissent sous la conjecture de la mode. Il suffit de se pencher sur la mode que l'on veut nous faire passer pour du progrès pour percevoir les limites des soi disant créateurs qui resservent les mèmes idées en boucle pour le consommateur zombifié. C'est pour cela qu'il est déplorable que l'histoire personnelle fasse de plus en plus place à une consultation des tatouages du net avant tout autre choix individuel. Ainsi:

- ... découvrir sa marque personnelle dans l'univers, sa note dans la symphonie du monde, est toujours une joie libératrice. Parce qu'elle relie à tout ce qui vit et qu'elle révèle la capacité créatrice unique qu'on porte en soi. Le Blason ouvre des portes. Certains y trouverons peut être un chemin...-

Ces quelques mots citées de la "noble science" de la héraldique s'appliquent tout à fait a ce que pourrait être le tatouage contemporain, c'est a dire un art complet basé sur une science précise du langage des formes et des couleurs qui établissent la position de chacun en rapport avec les autres, la société et l'ordre des choses dans une dimension spirituelle.

 

On retrouve une ébauche d'application à travers le tatouage Traditionnel occidental avec ses motifs de corporations et de métier ou dès la fin du dix-neuvième siècle des artistes de tout pays utilisent une déclinaison d’icônes sur l'exemple des métiers à la signification universelle. Ces motifs  qui ont vu le jour bien avant le début de la modernité feront vite l'objet d'échanges entre les tatoueurs. Une planche de dessins avait alors peu de possibilité de subir des détournements pseudo artistique dans le contexte ou elle était passée d'un tatoueur à l'autre par une démarche réelle que se soit par contact direct ou postal. Il est permis de penser qu'un motif à succès à New-York avait un égal retentissement à Hambourg sans dénaturation excessive et que l’état d'esprit des premiers tatoueurs tendait malgré tout vers celui d'une guilde autour d'un vrai savoir faire artisanal ( Craftmanship)  si l'on en juge les rapprochements est ouest et surtout le fait qu'un marin, par exemple, pouvait exhiber son encre à l'autre bout de la planète devant un confrère qui reconnaitrais la qualité du travail.

 Pour poursuivre la comparaison avec les symboles des blasons, si les premiers motifs du tatouage moderne avait et ont encore une tel force d'évocation, c'est que ceux qui les ont créés avait cette connaissance intuitive basé sur les codes d'une iconographie ancienne comme celle des signes corporatifs avec toujours à l'esprit une ligne de conduite commune pour le devenir de leur métier.

Définir le blason d'un pays, d'une ville ou d'une personne se faisait autrefois par les calculs cosmographique d'une infinie précision avec entre autres la longitude, latitude et précession des lieux géographique, puis des recoupements variés sur des abaques ou grilles de lectures désignaient l'objet, la forme, l'animal, les couleurs et la matière correspondante à cette personne ou à ce lieu. Par la suite le fait de prendre un animal ou un objet en guise de totem est devenu la simple dégénérescence civilisationnelle de ceux qui en des temps plus lointains se voyait attribuer ces signes par une utilisation de cette science réelle du Nom ou du Blason (1).

De tels calculs ne sont pratiquement plus de mise à notre époque mais comme toute forme de véritable intelligence ne disparait jamais entièrement, il nous reste tout de mème un travail d'intuition basé sur le rapprochement des connaissances du tatoueur Traditionnel et des informations fournis par le client (qui acquiesce cette démarche quand elle est proposé) pour réaliser un motif personnalisé et intemporel.

En partant du fait établi qu'une demande n'est jamais fortuite dans le cas d'une personne adulte , libéré de toutes contraintes, dans une situation de changement, qui à réfléchi à la manière de contribuer à son roman personnel, on peut concevoir que la moitié du travail est réalisé. L'autre moitié restante consistera sur l'écoute du parcours, des souvenirs et des sujets d’intérêt  à proposer une esquisse qui résume autant le besoin de changement que la page qui se tourne dans les pourcentages adéquat à l'état d'esprit du demandeur.

Il est primordial d'envisager cette façon d'approcher le tatouage pour rétablir une fonction plus digne du métier. Il faut que les choix, dictés par la simple décoration du corps ou de la mode, qui tendent vers l'uniformisation des individus soient explicitement désigné comme aberrants. Il n'est pas facile de mettre une éthique de ce genre en place du simple profit et/ou de l'absence de travail en amont, puisqu'il s'agit d'une remise en question totale pour ceux qui pensent détenir toute les composantes de leur activité. Par contre chez un débutant honnête et ouvert cela sera plus facile, surtout s'il ne se soumet pas au conditionnement ambiant...

A suivre...

 (1)  il nous reste en Argot ou Art Goth le blase ou blaze pour le nom.

 

 


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B.T.A.

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